Ceux qui utilisent ou ont déjà utilisé le métro parisien, en particulier certaines de ses lignes, ont sûrement déjà remarqué ces panneaux, dénommés en langage ratpien " information voyageurs ", lesquels annoncent le temps restant avant l’arrivée de la prochaine rame archi bondée.
Ce temps est quantifié en " MIN ".
Oui.
Les quelques idiots, dont je fait partie, qui ont, bien naïvement, pensé que les " min " étaient une simple abréviation de " minutes ", se sont fourré le doigt quelque part, et l’ont enfoncé bien profond.
Une Min, c’est juste … une Min.
Alors parfois, vous arrivez sur le quai, vous regardez le tableau " information voyageurs " (top com ratp) et vous voyez " 2 min ", chouette ! , ‘va bientôt arriver.
Non non. Car une Min, ça peut durer 20 secondes, ou 47, ou 2 minutes (voire plus quand le temps le permet). C’est vrai, c’est souple comme mesure du temps. Et puis c’est pratique, puisque vous avez cette information essentielle : le prochain métro arrivera dans 25 secondes … ou 21 minutes.
Le périph’ parisien a son équivalent : le " mn " "(prononcer m’neuh). Quand vous entrez sur le périph’ au niveau de la porte de Saint Cloud à 16h30 et qu’on vous annonce la porte d’Orléans à 38 m’neuh, ça veut dire que vous y serez vers 23 h (si tout va bien).
Il y a aussi la disparition progressive et subtile du système métrique : maintenant on ne mesure plus en mètres, en kilomètres ou en mètres carrés, mais en " terrains de foot ". Si vous écoutez bien votre Pujadas du soir, vous l’entendrez vous dire : " construction du plus grand paquebot du monde, pensez donc, son pont est aussi grand que la longueur de 3 terrains de foutbole ". C’est vrai quoi, c’est bien connu, le français est un abruti moyen et il faut lui causer comme qu’il peut comprendre c’qu’on y raconte.
On attend avec impatience la déclaration d’impôts en équivalence " Baguettes de pain ", ou " Porsche " et " rivières de diamants " pour les plus riches.
Déjà qu’on avait la feuille de paye en queues de cerises.
