Ça s’est décidé vendredi à la dernière minute.
On devait le faire depuis plusieurs mois. Tel week-end, puis tel autre. Pas possible, le mois prochain alors …
On avait toujours reculé. Un peu d’appréhension de ma part. Quelques réticences de la sienne. Normal.
Et puis vendredi, coup de fil de Christophe et Fanny : " on ne se voit plus samedi soir, on va au Havre avec les enfants, chez Malou … vous venez ? "
Malou … la grand-mère de mon ex.
80 balais, shootée aux jus d’fruits multivitaminés, occupe une grande place dans mon cœur.
" Comme tu veux, tu décides ", il m’a dit.
Ok
On prend la voiture après le boulot, direction Le Havre : son architecture stalinienne, ses cuves à pétrole, ses raffineries, ses galets …
J’exagère un peu. Comme disait Giraudoux à propos de limoges (ben ouais, je connais que des villes pourries, et alors ? ? !) : " Elle a le charme qu’ont les moches ".
On approche de la ville, on en voit le halo plus loin, au-dessus de la végétation. On est seuls sur cette autoroute, les autres voitures sont restées sur la voie principale. Celle qui va vers Deauville. Normal, qui irait au Havre ? ! !
Plus on approche et plus il pleut. Et plus on sent cette vague odeur de merde que répandent les raffineries.
J’ai envie de rire. Peut-être un peu nerveux.
Un petit coup d’œil furtif vers ma droite. Il a fait l’effort de venir pour moi, j’espère qu’il ne va pas s’en mordre les doigts. Je pense aussi à Malou. Moderne pour son âge, d’accord, mais rencontrer le nouveau petit ami de l’ex compagnon de son petit-fils, ça commence faire un peu beaucoup.
On verra bien.
Rencontre.
Nous sommes arrivés les premiers. Christophe et Fanny nous ont suivi de peu avec les gosses, Chloé et Arthur, mon filleul.
6 mois et il passe son temps à rire.
Ça lui a valu s’être rebaptisé par le PaCa: " Arthur la banane ".
Malou était contente : elle avait peur de ne pas aimer PaCa. Je crois qu’elle est la seule de mes connaissances à ne pas l’avoir appelé " Cyril " une seule fois. Elle aurait pourtant eu des circonstances atténuantes.
Je suis content, j’avais peur qu’il ne l’aime pas.
Peur que le bizarre de la situation empêche les gens de se rencontrer. Et pourtant si.
Ce week-end, à moi aussi il a foutu la banane.

