Je l’ai dit à sa place, c’était pas possible autrement.
Parce que mon mec, c’est pas une pseudo bimbo insupportable, trop colorée et méga clinquante, babillant une idiotie à la seconde avec l’air pénétré de la bécasse supérieure (Becassinia Maxima Cémacousinae, espèce très courante), tout en froufroutant les deux morceaux de tissu et trois dentelles censés couvrir des attributs supposés irrésistibles (toute ressemblance avec des personnages existants – comme par exemple et au hasard les animateurs d’une émission de tapet … de jeunes gays dans le vent sur TF1 le samedi en début de soirée- serait vachement fortuite).
Nan ! Mon mec c’est une star, certes, mais une star humble, discrète, fuyant les interviouves et les paparazzi qui campent devant nos fenêtres depuis la sortie du dernier numéro de cet EXCELLENT magazine des " gakaimlesga et des fiykaimlesfiyes " (et je dis pas " Têtu " pour pas faire de pub, ben nan).
Ce mensuel, spécialisé dans les articles de fond, les analyses décapantes et qui se propose, toujours avec une pertinence qui m’troue le cul, de répondre à toutes les questions existentielles que peut se poser l’artisan - coiffeur moyen du salon " Chez Madame Jocelyne " de Saint-Yriex-la-Perche.
Ce magazine qui, dans un EXCELLENT article sur les blogs, a su prouver que les talentueux professionnels qui le dirigent savaient reconnaître le génie quand ils le rencontraient.
Un si beau magazine ça madame, même qu’on hésite à l’utiliser pour éplucher ses patates ou l’mettre sous la litière du chat (il ne supporte pas le papier glacé, tous ces hommes nus qui le regardent faire ses besoins, ça le gêne).
Mais moi, je n’ai pas son humilité proverbiale. Alors j’ai pas pu m’en empêcher.
Et c’est vite devenu impossible.
Madame Michu, dans l’escalier ce matin, ¾ d’heure qu’elle m’a tenu la jambe :
" et il va bien ?, et il est comment dans le privé ?, et y pourrait pas m’signer un autographe, c’est pour ma grand tante, comme ça elle pourra dire à ses copines de l’hospice qu’elle connaît une star, et comme vous avez dla chance, j’aimerais bien être à vot’ place, c’est ce que je disais hier à M’sieur Dugenoux et… "
Je peux plus aller chez mon primeur :
" Oh, c’est l’Monsieur de la star, v’nez voir Monsieur Robert, ben ayez pas peur, c’est des gens comme nous vous savez ! ".
Impossible de mettre les pieds chez le boucher, le marchand de journaux ou à la Poste :
" Aaah, c’est vous qui v’nez prendre le r’commandé de la star, ... y viendra pas alors, ... ah bon, tant pis "
…
… heiiiiinn ? … j’en fais trop ? … Aaaah booon …pas mon genre pourtant
